Projet CAAIRN | FEREC 2019

26 perplexité en ce qui concerne les usages récréatifs, comme si rien n’indiquait aux habitants et riverains de façon claire les utilisations possibles. Nombre d’enquêtés ont pensé en premier lieu, lors des travaux, à un skate-park ; c’était d’ailleurs une proposition du bureau d’étude chargé de la conception du projet lors d’une première mouture. La paysagiste avait également pensé à une sorte de théâtre en plein air ou un jardin à l’italienne. Mais du fait de la présence de résidences à proximité et de considérations techniques (notamment l’entretien de l’ouvrage), le projet initial a été modifié. Aujourd’hui, il constitue davantage semble-t-il et d’après nos enquêtes, un lieu de passage, où l’on ne reste pas ou peu. L’appropriation subjective (comme endroit particulièrement apprécié) ou par les usages semblent de fait ici plutôt limitée. 4.3.6. Ce qui lie le parc du Griffon et le Square : la multifonctionnalité Nous constatons, à travers l’analyse des documents et des entretiens des acteurs que Vitrolles a été novatrice par rapport à la question de la multifonctionnalité des infrastructures liée à la gestion de l’eau, un héritage qui a été transmis lors de la conception des infrastructures qui ont suivi. Cependant, ce qui lie aussi ces deux infrastructures, c’est que les usagers ne s’aperçoivent pas, ou très rarement, de cette multifonctionnalité. Soit ils ignorent la fonction hydraulique, comme le montre cet extrait : « Pas du tout [je ne savais pas que le Griffon était un ouvrage de protection contre les inondations]. Moi, j’avais connaissance de tout ce dont je vous ai parlé avant, c’est-à-dire le côté un peu ludique [du parc du Griffon]. » (Grisam10) Soit ils ignorent la fonction ludique ou récréative : « Ben là, c’est un peu en jachère, mais bon, en même temps, à la base c’est pour retenir les eaux si je m’abuse. C’est pour éviter d’être inondé… » (Masam04) Pour autant, aux yeux des enquêtés interrogés, l’association de ces deux fonctions semble pouvoir permettre une meilleure intégration des ouvrages au paysage urbain tel qu’ils l’apprécient, de façon concordante à leurs rapports au risque d’inondation et à la place qu’ils accordent à la « nature en ville ». « Même là, non parce qu’en fait finalement ben de là quand on passe en voiture, on voit quoi, les arbres ? On voit un peu le bétonnage, c’est pas non plus choquant. Quand on passe par là c’est complètement caché par les arbres, c’est pas non, non c’est bien intégré, non, non, il y a pas de souci. Ouais, non, c’est pas mal. (…) C’est pas choquant, c’est pas des, comme on dit, des cicatrices ou des plaies dans l’environnement quoi, c’est pas choquant quoi. Voilà. » (Masam04) « J’ai pas vu [ le bassin de rétention dans le parc du Griffon], ce qui est une bonne chose parce que ça prouve que c’est bien, parce que, dans certains endroits on les voit les bassins de rétention, et c’est pas terrible quoi. » (Grisam13) 4.4. Conclusion En résumé, notre analyse montre que les modes d’appropriation que les habitants et usagers enquêtés ont des deux ouvrages s’accordent de façon cohérente avec la façon dont ils vivent et habitent leur ville. Celle-ci est pourtant un élément peu pris en compte dans les projets d’aménagement et d’infrastructure en contexte urbain. Dans notre cas en effet, les deux ouvrages ont été conçus dans un

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