Projet CAAIRN | FEREC 2019
25 « Bah vraiment, pour moi la barrière ça a été le Front National, hein. Avant c’était top. Je me souviens c’était très bien. Ensuite pendant mes années collège c’était un peu plus délicat. Ils ont fermé tout ce qui était centres sociaux. Le parc ils l’avaient laissé à l’abandon » (GriSam13) Le parc est ainsi perçu comme emblématique de la ville et de son identité au cours de l’histoire de celle-ci. Il fait l’objet d’une appropriation subjective ou au travers des usages plutôt forte de la part des interviewés. A l’inverse, le Square Marguerite de Provence fait l’objet d’une appropriation plus mitigée. Sans nécessairement susciter un fort rejet, c’est plutôt l’impossibilité ou la difficulté d’y faire des activités qui est soulignée par la majorité des enquêtés. Sur les cinq personnes interrogées sur place, trois d’entre elles ont connu le lieu avant son aménagement récent. Deux d’entre elles ont expliqué qu’il était devenu « mal famé » : l’une raconte que c’était « un lieu de deal », l’autre qu’il était fréquenté par des jeunes venant fumer et boire de l’alcool. Dans les deux cas, elles ne voulaient pas y emmener leurs enfants, même si l’une d’elle venait jouer à cet endroit lorsqu’elle était plus jeune. Le troisième en revanche raconte qu’il y emmenait jouer ses enfants voire ceux de ses voisins et de ses voisines, mais que depuis la rénovation, il ne peut plus les y emmener, car il n’y a plus d’aire de jeux pour qu’ils puissent y faire des activités. Pour cette personne la construction de l’infrastructure a rompu son usage habituel du lieu. Pourtant les enfants peuvent apprécier l’endroit ; en effet, deux des personnes interrogées racontent que leurs enfants s’amusent à entrer et à sortir des bacs, mais elles n’adhèrent pas à cette activité et il ne leur viendrait pas à l’esprit de les emmener sur ce lieu pour jouer avec les bacs. « C’est plus un lieu de passage et un lieu d’arrêt sur notre trajet de vélo quand la petite a besoin de se reposer et boit un coup, etc. (…) En toute honnêteté on reviendra pas spécifiquement dans ce square-là, quoi, pas du tout. Après il y a pas grand-chose pour les enfants, entre nous cela dit, ils aiment bien rentrer et sortir de dans les bacs, mais c’est pas un lieu d’activité, c’est pas là où je viendrais spécifiquement, moi, faire une activité, quoi. Ni pour moi personnellement, ni pour les enfants. » (Masam04) Une seule personne interrogée semble s’être appropriée le lieu tel qu’il est maintenant. Cela a été impulsé par l’obligation pendant le confinement (mars-mai 2020) de limiter le rayon de déplacement à proximité du domicile : elle a pris l’habitude d’y venir pour se promener ou sortir son chien, appréciant l’endroit, le calme et l’ombrage. Si nous n’avons pas observé d’usages du lieu et même peu de traces de ces usages, certains enquêtés nous ont affirmé y être témoins de certaines activités. Mais la description de cette fréquentation varie en fonction des enquêtés : jeunes à vélo, amoureux sur les bancs, coureurs, personnes y emmenant leurs enfants pour jouer… Sur le plan esthétique, aucun n’a semblé trouver l’endroit laid, voire certains l’ont trouvé esthétique (en particulier du fait des arbres), mais pour une partie, l’espace est mal valorisé pour des activités récréatives, en particulier pour les enfants (manque de jeux). En définitive, on constate que les représentations et les usages sociaux du square Marguerite de Provence apparaissent peu stabilisées dans notre échantillon. En effet, bien que les concepteurs et porteurs du projet aient tenté de rechercher la multifonctionnalité de l’ouvrage, c’est-à-dire l’alliance de sa fonction de rétention pluviale et d’activités récréatives, il semble faire l’objet d’étonnement et de
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