Projet CAAIRN | FEREC 2019

16 problématique relativement récente dans ce champ de recherche avec une expansion actuelle très importante. Cette configuration spéciale (problématique nouvelle et expansion à venir) rend d’autant plus pertinente une revue systématique de la littérature visant à synthétiser les principales caractéristiques des recherches publiées et d’en tirer les résultats majeurs. Si le « traditionnel » risque inondation est bien le plus représenté, un intérêt grandissant est offert aux risques de submersion marine et de ruissellement urbain. Ceci peut s’expliquer par le challenge majeur du changement global, notamment concernant l’impérieuse nécessité d’adaptation à l’élévation du niveau de la mer et la prise en compte de l’étalement urbain. D’autre part, les nouvelles mesures technologiques liées aux solutions fondées sur la nature jouent ici un rôle particulier puisqu’elles nécessitent une implémentation et une maintenance « participative ». On comprend alors pourquoi la question des perceptions des mesures adaptatives devient un nouvel enjeu. Les freins et leviers recensés liés à l’acceptabilité sociale des différentes mesures dans le champ de la gestion du risque inondation peuvent être catégorisés selon trois grands ensembles : les facteurs individuels et psychologiques, des facteurs organisationnels et collectifs, des facteurs généraux et globalisants. Les déterminants psychologiques y reçoivent une place prépondérante, principalement du côté des freins, et renvoient aux catégories de savoirs, expériences, perceptions et attitudes. On remarque également une production importante d’études ayant trait aux déterminants organisationnels de l’acceptabilité sociale, sûrement en raison des transformations structurelles en cours dans le champ du management du risque inondation. Pour conclure, les différents types de facteurs ne semblent pas revêtir le même pouvoir explicatif des phénomènes. Si les facteurs psychologiques et individuels peuvent être considérés comme des facteurs explicatifs proximaux fortement associés à l'acceptabilité sociale, les facteurs organisationnels et généraux semblent davantage opérer comme des facteurs distaux, moins directement en prise avec l'acceptabilité sociale mais déterminant celle-ci. En d'autres termes, les facteurs psychologiques et individuels demeurent relativement descriptifs tandis que les facteurs organisationnels et a fortiori généraux possèdent un pouvoir explicatif bien supérieur. L’éclairage proposé ici concernant la configuration de la recherche internationale portant sur l’acceptabilité sociale dans le champ du risque inondation permet de mieux circonscrire ses opportunités et dynamiques actuelles. Cette étude constitue ainsi une base solide pour développer des travaux dans ce champ et sera valorisée prochainement sous la forme d’un article scientifique en langue anglaise publié dans une revue internationale à comité de lecture.

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