Projet CAAIRN | FEREC 2019
17 4. Action 2 - Comprendre les facteurs liés à l’acceptabilité 4.1. Contexte et objectif Dans cette tâche, nous avons abordé la question de l’acceptabilité sociale des infrastructures sous l’angle des formes d’appropriations par les habitants et usagers d’aménagements destinés à protéger la population contre les risques d’inondation. L’appropriation se construit dans la relation avec l’objet et dans son usage. Ce concept renvoie moins à un « état », qu’à un processus dynamique, comportant des dimensions cognitives et subjectives également liées à l’expérience et aux usages de l’objet. Le concept d’appropriation met en jeu des questions de constructions identitaires à la fois individuelles et collectives, tout en s’ancrant dans des rapports sociaux préexistants et/ou qu’elle contribue à (re-)composer (Jouët, 2000). Ce concept permet de caractériser le processus complexe (multi-factoriel) et dynamique (construit dans la durée) de l’acceptabilité sociale. Nous définissons l’acceptabilité sociale de façon opératoire, et à partir d’une revue de littérature, comme une opinion individuelle ou collective plus ou moins favorable / défavorable à un instant t, construite au cours de processus d’appropriations aux dimensions à la fois cognitives et empiriques, ancrés socialement et en partie influencés par les conditions sociales de possibilité qui ont permis la conception de l’infrastructure et favorisé sa mise en œuvre . Ainsi, si l’opinion individuelle et collective peut être saisie à un moment précis, en quelque sorte « photographiée » au moment de l’enquête, elle s’inscrit en réalité dans une dynamique sans cesse renouvelée et qui dure tant que l’individu ou le collectif conserve une relation à l’objet. Pour ces raisons nous avons porté notre analyse non pas simplement sur l’acceptabilité sociale définie comme un moment de la mise en œuvre du projet, mais sur l’ensemble du processus : de sa conception aux usages par les habitants ou la collectivité. Notre hypothèse générale est que les expériences et les formes d’appropriation éventuelle par les usagers des infrastructures prennent sens au regard de leurs modes d’habiter et de vivre leur ville, avec ses possibilités et ses contraintes. Pour tester cette hypothèse, nous nous sommes intéressées à deux ouvrages déjà réalisés : le parc du Griffon et le square Marguerite de Provence à Vitrolles. Ces deux infrastructures se caractérisent par leur multifonctionnalité, i.e. elles articulent dans leur conception deux fonctionnalités : la rétention d’eau et les activités récréatives. Ces deux ouvrages se situent ainsi à la croisée des politiques d’aménagement urbain et des politiques de gestion des risques d’inondation. Pour analyser les processus de construction et de réalisation de ces deux projets d’aménagement, leur « accueil » par les riverains et les usagers, et les conséquences que leur réalisation a pu avoir en termes d’appropriations, nous avons articulé deux approches analytiques. D’une part nous avons réalisé une analyse contextuelle et géo- et socio-historique pour comprendre les processus de conception et de réalisation des infrastructures à partir d’entretiens réalisés auprès d’acteurs ayant participé à sa mise en œuvre et d’un corpus documentaire relatif aux politiques de gestion des inondations et d’urbanisme (PLU, Schéma directeur d’assainissement et de gestion des eaux pluviales…). D’autre part nous avons analysé les différentes formes d’appropriations des infrastructures par les habitants et les usagers, selon deux aspects principaux : subjectif (attachement au lieu) et empirique (usages ou pratiques sur le lieu), à partir d’entretiens auprès d’habitants et d’usagers des ouvrages. Pour cela, notre guide d’entretien visait à explorer deux dimensions : leur rapport à la ville (la biographie résidentielle, l’attachement, les relations sociales, ses aménités ou risques perçus, en ciblant le risque d’inondation) et leur rapport à l’infrastructure (son appropriation en termes de représentations et d’usages). NB. La réalisation de cette étude a pâti de deux contraintes : le versement tardif des financements (février au lieu d’octobre) et la période de confinement entre mi-mars et fin mai. La réalisation des
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