VALOSOL - Construction de sols fertiles fonctionnels
2 3. Les Technosols construits : des solutions pour le verdissement urbain Dans ce contexte, l’ingénierie pédologique propose de construire des Technosols, sols fabriqués intentionnellement à partir de matériaux anthropiques sélectionnés (Séré et al., 2008). Selon la Base de référence mondiale pour les ressources en sols (WRB), le système de taxonomie des sols approuvé par l'Union Internationale des Sciences du Sol (IUSS), les Technosols sont des sols dont la pédogenèse et les propriétés résultent d’activités techniques humaines et d’assemblages de matériaux d’origine anthropique (béton, brique, terres excavées, etc.…). Dans la nature, tous les processus physiques, chimiques et biologiques aboutissant à la formation d’un sol, autrement dit, la pédogenèse, nécessitent des dizaines voire des centaines d’années. L’ingénierie pédologique vise notamment à étudier les mécanismes sous-jacents et les facteurs pédogénétiques afin de mettre en œuvre des techniques permettant d’accélérer ces processus long (Séré et al., 2010). Pour cela, plusieurs pistes peuvent être suivies en jouant sur la réactivité des matériaux parentaux, la structure physiques des mélanges, et surtout, favoriser la colonisation naturelle des organismes du sol et en particulier les vers de terre, dont le rôle d’« ingénieur des sols » est connu depuis longtemps. Figure 1 : A gauche, schéma représentant l’aménagement classique des zones urbaines avec l’export de terres excavées et autres déchets du bâtiment en périphérie des villes et le transport de terres dites « végétales » provenant des zones rurales au cœur des villes ; A droite, schéma représentant la boucle de recyclage des terres excavées et des déchets organiques (ex : compost) produits dans les villes pour construire des sols en zone urbaine. Les recherches menées depuis une quinzaine d’année, en particulier dans les laboratoires de sciences du sol français, ont pu montrer que les Technosols pouvaient offrir un support de végétation efficace, des bonnes capacités de rétention et d’infiltration des eaux pluviales (Yilmaz et al., 2018 ; Deeb et al., 2020), une contribution à la biodiversité du sol (Pruvost et al., 2025) mais aussi de l’ensemble de l’écosystème (Ouédraogo et al., 2024), ainsi qu’un potentiel important de séquestration du carbone atmosphérique (Lerch et al., 2020).
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