VALOSOL - Construction de sols fertiles fonctionnels
1 Introduction 1. Urbanisation, artificialisation des sols et pénurie de terre végétale L’urbanisation croissante et l’extension des infrastructures produisent chaque année d’importants volumes de déchets minéraux issus des chantiers (bétons issus de la déconstruction, structures de chaussées, terres excavées, …), tout en contribuant à une dé gradation progressive des services écosystémiques urbains. L’artificialisation des sols fragmente les continuités écologiques, accroît les risques d’inondation et réduit la qualité des sols (Xiao et al., 2013). Parallèlement, de nombreuses parcelles urbaines ou périurbaines se retrouvent dégradées ou dépourvues de couche fertile, alors même que la demande en végétalisation augmente fortement. Cette dynamique crée un paradoxe majeur : le besoin en terre végétale est en pleine croissance, mais une pénurie s’installe dans les centres urbains. Les sols naturels sont en effet des écosystèmes non renouvelables à l’échelle humaine ; leur excavation pour être réutilisés comme terre dite « végétale » s’oppose aux principes de durabilité et aux objectifs nationaux de protection des sols. La stratégie gouvernementale de Zéro Artificialisation Nette (ZAN) à l’horizon 2050, inscrite dans la Loi Climat du 24 août 2021, vise précisément à limiter la consommation et la dégradation des sols (Souami, 2023). En outre, les projets de verdissement se concentrent souvent sur des emprises déjà construites, imperméables, parfois polluées, et donc dépourvues de substrat fertile. L’importation de terre végétale depuis des zones rurales devient alors coûteuse, écologiquement pénalisante et, à terme, insoutenable. Cette situation renforce la nécessité de développer des alternatives à l’exploitation des sols naturels pour l'aménagement urbain. 2. Déblais urbains : un gisement sous-valorisé mais stratégique En lien avec l’expansion des villes, le secteur du BTP génère chaque année en France plus de 240 millions de tonnes de déchets minéraux (70 % des déchets totaux en 2022 selon le Service des Données et Etudes Statistiques), dont une majorité de terres inertes de faible valeur agronomique. Ces matériaux sont majoritairement orientés vers des Installations de Stockage des Déchets Inertes (ISDI) ou, utilisés en réaménagement de carrières. Leur valorisation constitue un levier essentiel pour répondre aux enjeux environnementaux, réglementaires et économiques actuels. Le défi consiste donc à transformer ces terres excavées et déchets de déconstruction en ressources, en les combinant à des matières organiques (déchets verts, composts) pour créer des substrats fertiles adaptés aux besoins du verdissement urbain. Cette approche permettrait • d’éviter l’extraction de terre végétale naturelle, • de limiter les distances de transport et les émissions associées, • de réduire la pression sur les filières de stockage de s’inscrire pleinement dans une logique d’économie circulaire. Les gains environnementaux potentiels sont considérables : baisse des émissions de GES, réduction du trafic routier, valorisation locale des matériaux et cohérence avec les objectifs ZAN.
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