Road&Eau - Stratégies de désimperméabilisation des surfaces revêtues | FEREC 2019
Document provisoire non diffusable – Version octobre 2020 – Cerema 9 2. Les villes éponges : une réponse face aux problématiques liées à la désimperméabilisation En milieu urbain, la gestion de l’eau et en particulier des eaux pluviales urbaines est une problématique importante. L’imperméabilisation cause de nombreuses menaces, présentées dans ce chapitre, potentiellement aggravées par le changement climatique. Comment répondre à ces menaces ? Comment améliorer la gestion de l’eau en ville ? 2.1. Les modifications du cycle de l’eau dues à l’imperméabilisation font peser de nombreuses menaces dans les zones urbaines A l’échelle mondiale, plus de 50 % de la population vit en ville (Commission européenne, 2017). A l’échelle française, en 2020, après quelques décennies d’urbanisation marquées par un étalement urbain important, plus de 80 % de la population vit dans une aire urbaine. L’urbanisation est corrélée avec l’artificialisation des sols. En France, entre 2009 et 2017, cette artificialisation s’est principalement faite à destination de l’habitat (68 %) et de l’activité (25 %) (Cerema, 2019a). Construction de nouveaux bâtiments, de nouvelles voiries, etc., au profit de la préservation d’espaces naturels et agricoles : l’artificialisation entraîne généralement une imperméabilisation des sols. Cette imperméabilisation des sols en milieu urbain peut amplifier les phénomènes de ruissellement et d’inondation lors des épisodes de précipitations intenses. En effet, un sol perméable peut infiltrer les eaux pluviales. Ce temps d’infiltration permet d’augmenter la durée que mettent les eaux pluviales pour rejoindre un cours d’eau et ainsi, de réduire les pics de crue. Les inondations peuvent être amplifiées et/ou aggravées en aval des zones urbaines en raison de la réduction du lit des cours d’eau souvent endigués dans les zones urbaines. La Caisse centrale de réassurance évalue à 45 % la part des dommages assurés provoqués par les inondations en France (Montcoulon D. et al., 2014). L’imperméabilisation des sols a également des conséquences pour la ressource en eau, sur le plan quantitatif et qualitatif. En effet, un sol imperméabilisé infiltre en moins grande quantité les eaux pluviales, ce qui peut limiter la recharge des nappes souterraines. Par ailleurs, en cas de ruissellement et/ou d’inondation, les eaux pluviales se chargent en polluants qui peuvent ensuite être entraîner vers les milieux naturels, et en particulier, les nappes phréatiques. L’urbanisation et l’artificialisation des sols peuvent aussi générer des effets d’îlots de chaleur urbains lors des canicules, en particulier en cas de diminution de la végétalisation et de recouvrement des terrains naturels par des matériaux sombres, notamment l’asphalte. Enfin, l’imperméabilisation des sols peut avoir des conséquences variées sur la biodiversité : diminution de la végétalisation liée à l’artificialisation des sols, impacts sur les services écosystémiques rendus par les sols imperméabilisés (dont leur rôle de réservoir de CO 2 ), pressions sur la végétation qui peut souffrir de stress hydrique… 2.2. Le changement climatique amplifie les menaces liées à l’eau en ville Les impacts liés à l’artificialisation et à l’imperméabilisation des sols dépendant de facteurs climatiques. Or, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat est formel : le changement climatique est en cours et va continuer dans les prochaines années. Parmi les principales évolutions attendues figurent les évolutions des moyennes des températures et des précipitations et
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