LIANE-CR - Analyse croisée des méthodes et des résultats des projets CAAIRN et RESALLIENCE | FEREC 2019
7 Premièrement, la question de l’accessibilité et de la continuité des usages versus ce qui peut représenter des « coupures » (dans le paysage, dans les usages, etc.) apparaît comme une dimension associée aux infrastructures et à leur acceptabilité que l’on retrouve sur les deux terrains de CAAIRN et de RESALLIENCE. Les réseaux de transport et les ouvrages de protection apparaissent ambivalents : ils permettent respectivement à la fois une bonne accessibilité ou une protection et en même temps ils peuvent constituer des coupures « urbaines » ou « écologiques ». D’une certaine manière, dans les deux cas, il s’agit d’une ambivalence relative à la question de la continuité des usages des lieux, espace naturel, pour des humains (chasseurs, randonneurs, etc.) et non-humains (grande faune), ou entre différents quartiers de la ville. Deuxièmement, la question des rapports à la nature dans l’acceptabilité d’infrastructures ayant un impact sur celle-ci a été abordée dans les deux projets : tandis qu’ils semblent jouer un rôle dans le processus de conception de l’écopont destiné à restaurer ou améliorer la circulation des espèces animales, différentes analyses menées dans le cadre du projet CAAIRN ont montré le rôle joué par les rapports à la nature dans l’acceptabilité des infrastructures. A titre illustratif, lors de la rénovation de l’avenue de Marseille, des demandes ont été faites par des riverains pour assurer la continuité du passage des écureuils du quartier ; les gestionnaires ont donc ajouté au projet initial la mise en place de plusieurs écuroducs le long de l’avenue. Les rapports à la nature semblent jouer un rôle dans l’acceptabilité des deux ouvrages vitrollais mais aussi dans l’émergence du projet de l’écopont, dont l’un des objectifs principaux est d’assurer le passage de la grande faune entre deux massifs forestiers, actuellement interrompu par une autoroute. Troisièmement, le rôle que jouent les représentations du risque et des impacts dans leur prise en compte dans des aménagements a notamment été mis en exergue dans les 2 projets mais de manière différente. Dans le projet CAAIRN, les deux analyses bibliographiques (tâche 1) ont montré que les rapports aux risques d’inondation constituent l’un des facteurs jouant sur l’acceptabilité des ouvrages ; et les entretiens auprès des usagers de deux infrastructures ayant pour vocation à lutter contre les inondations et constituant à la fois des espaces de loisirs (tâche 2) ont mis en évidence que les modes d’appropriation de ces deux ouvrages, sont en partie liées aux représentations et aux expériences qu’ont les enquêtés du risque d’inondation et de l’inondation. Dans le cas du projet RESALLIENCE, l’infrastructure (l’écopont) n’est pas une infrastructure visant à lutter contre un risque, mais peut être concernée par des impacts liés au changement climatique ; le projet de RESALLIENCE met en évidence comment la sensibilité aux effets du changement climatique, des acteurs participant à la conception du projet de l’écopont s’est notamment traduite par une réflexion affirmée sur la résilience de l’infrastructure vis-à-vis de ces effets et des impacts qu’ils peuvent avoir sur les espèces animales. Une réflexion peut également être portée sur la manière dont l’éco-pont peut être une solution locale d’adaptation au changement climatique ; cet éco-pont peut, en effet, être considérée et donc conçu comme une solution fondée sur la nature : gestion et qualité de l'eau, lutte contre le changement climatique, amélioration de la qualité de l'air, préservation de la biodiversité, etc. 3.2. Différences entre les deux projets et pistes d’échange potentiel Les différences entre les deux projets résident essentiellement sur trois plans : le type d’infrastructure étudiée, les temporalités de l’analyse des cas d’étude et les objets d’analyse (Tableau 2 ) .
RkJQdWJsaXNoZXIy MTIzMTM=