AméDEE Fondations Approche Méthodologique pour la Détermination de l'Empreinte Eau sur les chantiers de Fondations
A ME DEE – R APPORT F INAL 45 REF SB_ERD_IBR_rapport25.010 6.2 Limites de la méthode La mise en place du calcul de l’empreinte eau sur chantier présente plusieurs difficultés, tant sur le plan méthodologique qu’opérationnel. L’outil actuellement développé reste expérimental et comporte plusieurs limites liées à la définition du système, à la qualité des données, à la précision des facteurs de caractérisation, ainsi qu’à sa faisabilité sur le terrain. 6.2.1 La définition du système La première limite concerne la définition du système, qui détermine les flux d’eau pris en compte dans l’analyse. Pour simplifier la méthode et faciliter son déploiement sur chantier, nous avons choisi de nous concentrer uniquement sur la phase de production du chantier, en excluant la base vie, les transports du personnel, les repas, les bouteilles d’eau, et les phases de préparation et de repli. Si ce périmètre restreint permet un recueil plus ciblé des données, il induit toutefois une sous-estimation du bilan hydrique global. Certaines études bibliographiques mentionnées dans le cadre du projet soulignent par ailleurs que des postes tels que l’agriculture (via la consommation alimentaire sur site) ou les déplacements peuvent représenter une part non négli geable de l’empreinte hydrique indirecte. Toutefois, ces éléments sont difficilement intégrables dans la méthode actuelle, notamment en raison de la complexité de la collecte des données et de leur variabilité interchantier. 6.2.2 Le reporting chantier Le bilan hydrique, tel que défini à cette étape du projet, présente des limites opérationnelles et des limites de mise en œuvre. La méthode repose principalement sur le reporting chantier, qui s’avère hétérogène selon les projets et peut engendrer des ince rtitudes dans les données. 6.2.3 La base de données Le calcul du bilan hydrique repose sur des facteurs de caractérisation de l’utilisation nette d’eau douce des matériaux et des énergies, issus d’une base de données développée en collaboration avec l’ENPC. Cette base couvre les matériaux et les sources d’é nergie les plus fréquemment rencontrés sur les chantiers. Toutefois, plusieurs limites et sources d’incertitude doivent être prises en compte. Tout d’abord, l’ensemble des matériaux nécessaires à l’étude n’était pas disponible dans la base de données. Dans ces cas, il a été nécessaire de recourir à l’utilisation de matériaux substituts (proxies). Ces matériaux ont été choisis sur la base de propriétés ou de fonctions similaires, par exemple en utilisant le polyéthylène comme substitut d’une géomembrane. Bien que cette approche permette de mener l’analyse à son terme, elle introduit une incertitude, dans la mesure où le matériau proxy peut ne pas refléter fidèlement les caractéristiques du matériau réellement utilisé sur le chantier. Une seconde source d’incertitude concerne la représentativité géographique des données de fond. Certaines données utilisées proviennent de jeux de données « Rest of World » (RoW), alors que les matériaux étudiés sont produits et utilisés en Europe. Cette différence de contexte géographique peut avoir un impact significatif sur les résultats. À titre d’exemple, l’utilisation nette d’eau douce du ciment Portland est d’environ 1,14 m³ par tonne dans les données RoW, contre environ 1,77 m³ par tonne dans les données européennes, soit une augmentation d’environ 55 %. Cet écart illustre l’influence importante du contexte régional sur les résultats liés à l’utilisation de l’eau.
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