AméDEE Fondations Approche Méthodologique pour la Détermination de l'Empreinte Eau sur les chantiers de Fondations
A ME DEE – R APPORT F INAL 15 REF SB_ERD_IBR_rapport25.010 résout le problème de troncature du système en utilisant des données économiques descendantes pour modéliser les flux environnementaux entre les secteurs économiques. Les scientifiques ont mis au point un méthode hybride semi-automatisée qui permet de prendre le meilleur des deux méthodes (R. Crawford et al., 2018). La pluralité des méthodes explique la différence des coefficients pondérateurs et modifient donc les résultats de l’empreinte eau et de son interprétation ce qui constitue une limite de la génér alisation du calcul de l’empreinte eau. Une comparaison directe d’empreinte eau est quasiment impossible lorsque les bases de données et les méthodes d’analyse utilisées ne sont pas les mêmes, ce qui confirme le rôle important que jouent les données sous-jacentes dans la détermination du résultat d'une évaluation du cycle de vie (F. Pomponi, A. Stephan, 2021). Une autre limite de l’empreinte eau réside dans la définition des limites d’un système et la différence établit entre l’inventaire direct et indirect de l’eau consommée. En effet, en fonction des secteurs considérés pour la comptabilisation de l’usage de l’eau dans l’analyse du cycle de vie d’un matériau, les empreintes eau divergent beaucoup. Par exemple, en Chine les chercheurs Tong et al. (Y. Tong et al., 2019 ) ont étudié l’empreinte eau liée à la fabrication de l’acier en utilisant la méthode hybride d’ analyse des flux directs et indirects d’eau de mat ière et d’énergie. Ils ont constaté que l’utilisation indirecte de l’eau dans les flux d’énergie et de matière est plus importante que l’utilisation directe. En Iran, Nezomaleslami et Hosseinian ( R. Nezamoleslami, S.M. Hosseinian, 2020 ) étudient aussi l’empreinte eau de la production d’acier. Ils mènent une analyse du cycle de vie en considérant les flux directs et indirects mais ils mettent en avant la limite de leur étude du fait du manque de données et de recherches existantes sur la nourriture du personnel travaillant dans les usines de fabrication. Ils montrent alors que l’empreinte eau du personnel représente 36,14% de l’empreinte eau totale de l’acier. En France, une fiche déclaration environnementale et sanitaire (FDES) publiée par le SNAAM (FDES SNAAM, 2023 ) estime qu’une tonne d’acier d’armature sur plan nécessite environ 6 m 3 d’eau pour l’ensemble de l’étape de la production du produit. L’écart des résultats illustrés par le Tableau 1, peut provenir du système étudié notamment les étapes du cycle de vie de l’acier et les flux considérés directs et indirects ainsi que les bases de données utilisées. Tableau 1 : Utilisation nette d’eau douce en m 3 d’eau pour une tonne d’acier selon différentes sources Source de la donnée Utilisation nette d’eau douce en m 3 d’eau d’une tonne d’acier Chine, Y. Tong et al., 2019 14.93 Iran, R. Nezamoleslami, S.M. Hosseinian, 2020 19.61 France, FDES du SNAAM, 2023 6.18 De la même façon, Wang et al. (Y. Wang et al., 2009) réalise une analyse des empreintes sectorielles directes et indirectes de l’eau. L'étude identifie un écart important entre l’empreinte eau directe et indirecte pour le secteur de la construction en Chine. Ils ont démontré que pour chaque m 3 d'eau directement utilisé dans le secteur de la construction, il faut considérer environ 48 m 3 de flux d’eau indirect. L’agriculture correspond notamment à 35 m 3 d’eau soit près de 73% des 48 m 3 . Cela signifie essentiellement que la construction nécessite d'importantes quantités d'eau, par le biais de biens produits par le secteur agricole en tant que produits intermédiaires, afin de satisfaire sa demande finale.
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