STAAF - Stratégies d’adaptation pour les infrastructures construites sur le permafrost dans les Alpes françaises | FEREC 2019

3 2 Contexte et objectifs du projet Le projet STAAF se situe dans la continuité de différents travaux de recherche portés par les laboratoires EDYTEM et PACTE depuis 15 ans visant à comprendre l’évolution de la stabilité des terrains porteurs d'infrastructures en contexte de permafrost à l'échelle des Alpes françaises : (1) projet MAIF entre 2007 et 2009 ; (2) projet ALCOTRA PrévRisk Haute Montagne entre 2016 et 2017, (3) projet FEDER POIA PermaRisk de 2017 à 2020, (4) et surtout la thèse CIFRE de PA Duvillard entre 2016 et 2019. Ce récent travail de thèse a permis de recenser 947 éléments d’infrastructures construites sur le permafrost. Parmi celles-ci, 24 éléments ont été reconnus comme ayant connu des dommages et désordres géotechniques ( e.g. affaissement, basculements…) au cours de ces 15 dernières années, entrainant parfois de lourds travaux de confortement ou encore le déplacement ou la reconstruction de l’infrastructure (Duvillard et al . , 2019) . Cette étude a montré l’aspect cumulatif et très couteux (entre 100 K€ et 1 000 K€) de ces travaux, parfois quelques années seulement après la construction de l’infrastructure. Dans certains cas, le déclenchement de l’instabilité est directement lié à des "mauvaises pratiques" de construction ou de maintenance, qui ont accéléré la dégradation du permafrost dans les terrains supports ( e.g. Duvillard et al. , 2019) . Afin de mieux anticiper ces problématiques géotechniques et d’éventuelles nouvelles déstabilisations d’infrastructures pouvant entrainer des travaux coûteux souvent accompagnés d’une impossibilité d'exploitation, deux types de stratégies d’adaptation ou d’atténuation peuvent être mises en place par les gestionnaires : (1) des stratégies proactives (« capacité de réponse ou d'anticipation ») comme la diminution des transferts de chaleur dans le sol pour préserver le permafrost ( e.g. contrôle de l'eau dans le sous-sol, circulation d'air et isolation des fondations), ainsi que la surveillance des mouvements ( e.g. à l'aide de fissuromètres ou inclinomètres) et/ou de l'état thermique par des programmes scientifiques ou par des bureaux d’étude ; (2) des stratégies réactives (« capacité d'adaptation ») par le biais par exemple de modifications des fondations de l'infrastructure ( e.g. légers ajustements, systèmes de consolidation et d'ajustement) ou de renforcement du sol porteur ( e.g. forage et pieux, remplacement de matériaux, dégradation artificielle du permafrost). L’objectif du projet STAFF est centré sur les stratégies proactives afin d'anticiper ces déstabilisations. Trois axes de recherches ont été déployés afin (1) d’analyser les dommages géotechniques récents, (2) de quantifier les stratégies proactives ou réactives, et (3) de proposer des outils innovants pour la détection du permafrost et la modélisation de son évolution.

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