STAAF - Stratégies d’adaptation pour les infrastructures construites sur le permafrost dans les Alpes françaises | FEREC 2019
9 Ces changements sont généralement observables via un suivi des températures dans un forage instrumenté ou par la répétition de profils géophysiques. Pour cette étude, nous avons testé le modèle Cryogrid (Westermann et al ., 2013) développé pour le permafrost arctique. Ce modèle permet de simuler la distribution du permafrost avec des données issues de capteurs de température à la surface de la roche. Ainsi, nous avons (1) mesuré l’évolution des températures de subsurface entre 2016 et 2019 sur différentes faces de l’arête inférieure des Cosmiques (nord-ouest, sud-est et au niveau des fondations du refuge), (2) simuler les températures à la surface de la roche entre 2007 et 2016 en utilisant une série de températures de l’air mesurées par Météo France au sommet de l’Aiguille du Midi (station à 3845 m d’altitude) et, enfin, (3) modéliser l’évolution de la couche active avec le modèle Cryogrid entre 2010 et 2020. Les modélisations et comparaisons entre le capteur situé au niveau des fondations du refuge et la face nord-ouest montrent que le refuge protège localement le permafrost et en retarde la dégradation. En effet, la couche active semble s’être approfondie de 1 m sous le refuge contre 2.5 m en face nord-ouest sur la même période (Figure 6). L'effet refroidissant du refuge s’explique par un effet d'ombrage cumulé à une circulation d’air permanente grâce à une construction sur pilotis. Cette solution de refroidissement passif est souvent utilisée pour les constructions dans les régions arctiques ( e.g. Shur et Goering, 2009) et préconisée pour le permafrost de montagne (Boomer et al ., 2010). Cette méthodologie est relativement peu coûteuse et idéale dans le cadre d’un pré-projet d’implantation d’une infrastructure, en complément d’un forage de prospection. Elle peut être aussi utilisée, comme dans notre étude, pour caractériser l’effet refroidissant ou réchauffant d’une infrastructure sur le sous-sol. Les résultats de ces modélisations serviront d'exemple pour expliciter auprès des gestionnaires l'intérêt d'un suivi scientifique pour anticiper d’éventuelles déstabilisations. Figure 6 : Modélisation de l’évolution de la couche active entre 2010 et 2019 pour la face nord-ouest et au niveau des fondations du refuge.
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