Inf’Eau Route : évaluation des capacités épuratoires des eaux par les chaussées réservoirs et caractérisation de leur potentiel de réutilisation

9 Par la suite, des essais dynamiques de percolation en colonnes de ces différents profils de chaussées types sont réalisés, permettant d’apprécier le potentiel de rétention de micropolluants selon les modalités de chaussées envisagées. Les micropolluants ont été choisis sur la base de la littérature parmi les substances chimiques les plus couramment reportées en termes de concentration, en particulier sous forme dissoute (mobile), dans les eaux de ruissellement routières. 3) L’influence de la durée de stockage d’eau artificiellement contaminée (dans le but de simuler une eau de ruissellement de chaussée) au sein des trois catégories de matériaux de structure réservoir (alluvions, calcaire et béton de démolition) sur l’évolution de la qualité physicochimique de l’eau a ensuite été investiguée par des essais statiques en “fûts”, i.e. , contenants plastiques de qualité alimentaire. 4) Enfin, l’instrumentation d’une chaussée réservoir pour le suivi in situ de la qualité des eaux infiltrantes (en conditions d’exploitation réelle) a été mise en œuvre au niveau d’une portion de chaussée perméable dans le cadre de l’aménagement de l’écoquartier Boussac – Nomexy (88). Potentiels d'application pour le secteur des infrastructures, les usages, l'exploitation Le remplacement des chaussées imperméables par des chaussées perméables présente un grand potentiel pour la désimperméabilisation des sols urbains, les chaussées pouvant représenter 20 à 40% de la superficie totale d'une ville [8]. Les chaussées perméables par infiltration des eaux pluviales présentent un potentiel d'application significatif dans le secteur des infrastructures, offrant des solutions innovantes pour la gestion durable de l'eau. Ces infrastructures peuvent être conçues pour récupérer, stocker et filtrer les eaux de pluie, permettant d’envisager aussi leur réutilisation à diverses fins. Pour les collectivités, cela ouvre la voie à une multitude d'usages bénéfiques. Premièrement, l'eau stockée peut être utilisée pour l'irrigation des espaces verts urbains (en particulier en période de canicule, assurant la pérennité des couverts végétaux et participant au rafraîchissement de l’air ambiant par évapotranspiration), réduisant ainsi la demande en eau potable et contribuant à la préservation des ressources hydriques. Elle pourrait également servir à alimenter les citernes employées dans le cadre des opérations de nettoyage urbain ou les sanitaires d’établissements publics, ou encore contribuer à l'alimentation de dispositifs participant à la trame bleue, créant alors des espaces de détente et de socialisation agréables pour les résidents. Enfin, dans le domaine des risques naturels et en lien avec les opérations de désimperméabilisation, l’infiltration des eaux pluviales à travers les chaussées perméables, éventuellement associée à des structures de stockage temporaire, peut contribuer à limiter l’ampleur des inondations. Pour exploiter efficacement ces dispositifs, la connaissance de la qualité de l'eau stockée est essentielle afin de garantir sa conformité aux normes de sécurité sanitaire et environnementale le cas échéant. De plus, des stratégies de gestion intégrée de l'eau, impliquant la coordination entre les acteurs locaux et l'utilisation judicieuse des technologies de traitement, sont nécessaires pour optimiser l'utilisation des ressources disponibles et assurer une exploitation durable des chaussées réservoirs. En adoptant ces approches innovantes, les collectivités et le secteur des infrastructures peuvent non seulement améliorer leur gestion de l'eau, mais aussi contribuer de manière

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