Inf’Eau Route : évaluation des capacités épuratoires des eaux par les chaussées réservoirs et caractérisation de leur potentiel de réutilisation

7 Contexte et enjeux La gestion de la ressource en eau, à la fois d’un point de vue quantitatif et qualitatif, est un enjeu stratégique d’adaptation au changement climatique. Dans ce contexte, et au regard d'une politique publique très volontariste de désimperméabilisation, le recours aux plateformes routières permettant l’infiltration des eaux pluviales en milieu urbain dense apparaît comme l’une des pistes à privilégier pour rendre les villes plus perméables [1, 2]. D’autant plus que, de par leur conception, les chaussées réservoirs à infiltration directe sont favorables à une bonne qualité d’eau de par leur capacité épuratoire et leur principe même qui consiste à ne pas concentrer l’eau. Pour autant, un certain nombre de polluants routiers peuvent être véhiculés par les eaux pluviales, s’infiltrant à travers les couches d’enrobés drainants et leurs sous-couches, susceptibles alors d’impacter de manière chronique ou accidentelle les nappes phréatiques dans les milieux de grande porosité. Le choix des matériaux constitutifs des chaussées dites à « structure réservoir », en particulier, s’avère ainsi primordial pour le conditionnement de la perméabilité à l’eau ainsi que les transferts et le devenir des polluants routiers initialement associés à la phase aqueuse [1, 3, 4]. Toutefois, l’influence des matériaux constitutifs de la structure réservoir sur la qualité de l’eau lors de stockages prolongés, notamment dans des systèmes de rétention et de réutilisation, reste peu documentée. Les travaux existants indiquent néanmoins un potentiel d’amélioration de la qualité de l’eau après des durées de stockage pouvant atteindre 6 jours au sein d’agrégats de dolomie et de calcite [5]. Aussi, certains travaux ont mis en lumière des possibilités de réutilisation de ces eaux [3, 6], potentiellement associées à une amélioration de leur qualité physicochimique et microbiologique en fonction de leur temps de séjour dans les structures réservoirs et des matériaux les constituant [3, 7]. Objectifs Le projet Inf’Eau Route a pour objectifs l’évaluation des performances « épuratoires » des chaussées perméables à travers l’étude de la migration des polluants et la caractérisation de la qualité des eaux pluviales infiltrées au travers de ces matériaux drainants ou perméables, dans une perspective de « sécurisation » des nappes sous- jacentes et/ou de valorisation de ces eaux non conventionnelles (nettoyage de voirie, arrosage d’espaces verts, sanitaires…) (Figure 1). Il s’agit ainsi d’évaluer dans quelle mesure les ouvrages d’infiltration directe des eaux pluviales tels que les chaussées perméables à structure réservoir peuvent retenir différents niveaux de pollutions à l’instant t et après un temps de stockage prolongé.

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