Inf’Eau Route : évaluation des capacités épuratoires des eaux par les chaussées réservoirs et caractérisation de leur potentiel de réutilisation
32 Enseignements : En définitive, les essais conduits en laboratoire sous forme de colonnes de percolation reproduisant des profils de chaussées perméables « types » ont montré un réel potentiel de ces dispositifs à retenir les contaminants routiers étudiés (certains éléments azotés et métaux tels que Cd, Cu, Ni et Zn, micropolluants parmi les plus couramment retrouvés en concentrations massiques dans les eaux de ruissellement routières), confortant par là-même des résultats similaires reportés dans la littérature. Cela d’autant plus que les concentrations testées dans cette étude sont susceptibles d’être le plus souvent majoritairement supérieures à celles mesurées in situ (en France métropolitaine). Ces résultats, à ce stade, confirment que les ouvrages étudiés de type chaussées perméables à structure réservoir et les matériaux qui les constituent, malgré leur caractère drainant, ont bien une capacité notable à retenir les différents polluants étudiés, potentiellement présents sur les chaussées, et à ne pas les restituer directement dans le milieu naturel, créant alors un « effet tampon » favorable sur la qualité des eaux résiduelles. Le suivi de chaussées en conditions réelles d’exploitation devrait permettre, à terme, de confirmer ces différentes observations et de s’assurer qu’il n’existe pas d’éventuel effet d’accumulation des micropolluants au sein des structures potentiellement lié à un relargage ultérieur dans le temps. Perspectives En perspectives, des essais sur colonnes de laboratoire incluant des pluies simulées d’intensité plus faibles et sur des durées plus longues pourraient être envisagés, afin d’étudier d’éventuels effets de saturation des colonnes par les différents contaminants utilisés. L’utilisation d’eaux de ruissellement routier enrichies en sédiments ou collectées à partir de chaussées selon différents niveaux de trafic pourrait également être envisagée, de même que des essais avec d’autres types d’enrobés mis en avant pour leur caractère innovant vis-à-vis de l’adsorption de certains contaminants organiques ou minéraux. La caractérisation plus fine de certains processus microbiens (ex : activités enzymatiques de (dé)nitrification) éventuellement associées à l’étude de la diversité des communautés de microorganismes présents, potentiellement impliqués dans l’assimilation ou a contrario la remobilisation de certains éléments (N, métaux), ainsi que des essais avec eaux pluviales collectées in situ afin d’étudier leur impact sur les paramètres microbiologiques (après percolation ou rétention au sein des colonnes/matériaux réservoirs) pourrait également constituer des pistes de recherche supplémentaires. Enfin, afin d’avoir une vision plus exhaustive du potentiel « épuratoire » des chaussées perméables dans un contexte de généralisation de l’infiltration des eaux pluviales, il pourrait également s’avérer opportun d’élargir le panel de micropolluants étudiés, en y incluant notamment des paramètres microbiologiques (par exemple la charge en coliformes, pouvant être « déclassante » notamment pour la réutilisation des eaux), ainsi que d’autres contaminants organiques parmi lesquels on pourrait citer les plastifiants, micro/nanoplastiques et autres substances ou résidus issus de l’usure ou du lessivage des particules de pneus (dont la toxicité a pu être mise en évidence, pour
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