Projet CAAIRN | FEREC 2019

3 1. Introduction Selon l'ONU, d'ici 2050 pratiquement sept personnes sur 10 (68 %) vivront en milieu urbain contre à peine plus d'un sur deux (55 %) actuellement (United Nations, 2018) 1 . La pression urbaine grandissante nécessite l’implantation, le développement ou plus simplement l’entretien des infrastructures qui composent le milieu urbain. Or, les projets d’infrastructure ne sont pas toujours bien perçus et acceptés comme par exemple le barrage de Sivens ou l’aéroport de Notre-Dame-des- Landes en France, et des exemples de ce type peuvent être cités dans de nombreux pays. Ces deux projets ont fait l’objet de fortes mobilisations, contestant le projet en soi. Par ailleurs, les nécessaires travaux de maintenance ou de réhabilitation, voire de démantèlement, produisent, dans un contexte citadin, de multiples gênes auxquelles sont soumis les riverains et les usagers de l’espace public. Ainsi ces nuisances incontournables concourent à remettre en cause l’acceptabilité des chantiers voire, in fine, leur non-acceptation, alors même que ces chantiers ont pour objet d’offrir de meilleurs services techniques et une multifonctionnalité de l’espace. Un projet d’infrastructure doit donc tenir compte d’une multitude de dimensions, et notamment l’acceptabilité par les riverains, et cela au cours des différentes phases de la vie de cette infrastructure : conception, réalisation/chantier ou vie en service. Améliorer l’acceptabilité représente donc un fort enjeu. L’acceptabilité est le résultat d’un ensemble de facteurs à influence positive vus comme des leviers et d’autres, à influence négative, considérés comme des freins. Des recherches récentes ont montré que la réaction des habitants face à une infrastructure dépend notamment du type d’attachement qu’ils ont à leur lieu de résidence et du sens qu’il a pour eux (Bailey, Devine-Wright & Batel, 2016) 2 . Les questions de soutenabilité ont aussi un rôle certain dans l’acceptabilité. On peut donc faire l’hypothèse que plusieurs dimensions relevant de l’attachement au lieu, des valeurs sociales et du rapport à la nature et à la soutenabilité jouent un rôle dans l’acceptabilité. Le projet CAAIRN (Démarche de Caractérisation et d’Amélioration de l’Acceptabilité des Infrastructures par les RiveraiNs – Application aux infrastructures de gestion des inondations et des eaux pluviales urbaines) vise ainsi à identifier les dimensions signifiantes dans le rapport des riverains aux infrastructures de gestion des inondations et des eaux pluviales, et de les analyser en tenant compte du contexte socio-historique. Plus spécifiquement quatre grands objectifs ont été définis et traduits sous la forme de quatre actions mobilisant chacune des approches différentes et différents aspects (social, attachement au lieu, environnemental, organisationnel etc.) (Figure 1) . Les actions A1, A2 et A3 sont centrées sur la caractérisation de l’acceptabilité : recenser les facteurs d’acceptabilité dans la littérature grise (Section 2) et scientifique (Section 3) ; comprendre les facteurs liés à l’acceptabilité (Section 4) ; évaluer l’acceptabilité/les préférences (Section 5). L’action A4 apporte en complément la vision des gestionnaires sur leur communication pour améliorer l’acceptabilité (Section 6). Plusieurs terrains d’études ont été supports de nos travaux : - Commune de Vitrolles ; - Métropole Aix-Marseille Provence (MAMP) – Territoire Pays d’Aix de la MAMP – Territoire Marseille Provence de la MAMP ; - Eurométropole de Strasbourg ; - Métropole du Grand Lyon. 1 United Nations, Department of Economic and Social Affairs, Population Division (2019). World Urbanization Prospects: The 2018 Revision (ST/ESA/SER.A/420). New York: United Nations. 2 Bailey, Devine-Wright & Batel (2016). Using a narrative approach to understand place attachments and responses to power line proposals: The importance of life-place trajectories. Journal of Environmental Psychology, 48 , 200 – 211

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