Projet CAAIRN | FEREC 2019

48 7. Conclusion 7.1. Synthèse des travaux Le projet CAAIRN a permis de développer des démarches de caractérisation et d’amélioration de l’acceptabilité des infrastructures par les riverains. Au cours de ce projet nous nous sommes spécifiquement penchés sur les infrastructures de gestion des inondations et des eaux pluviales urbaines. Les travaux ont permis les avancées présentées ci-dessous et proposent des éclairages nouveaux sur la question de l’acceptabilité des infrastructures. Des freins et des leviers jouant dans l’acceptabilité d’infrastructures ont été identifiés à tous les stades de la vie de ces ouvrages (projet, chantier, vie après travaux). Une liste de facteurs a été établie à partir, d’une part, de la littérature grise, et d’autre part, de la littérature scientifique. Ces facteurs ont été ordonnés selon différents axes : phase de la vie du projet d’infrastructure, enjeu concerné (8 types d’enjeux listés dont les effets sur l’économie, l’environnement, le patrimoine…), facteurs individuels et psychologiques, facteurs organisationnels et facteurs généraux. Nous avons montré que les modes d’appropriation des deux ouvrages étudiés dans la ville de Vitrolles par les habitants et usagers enquêtés, s’accordent de façon cohérente avec la façon dont ils vivent et habitent leur ville. Ce rapport à la ville est pourtant un élément peu pris en compte dans les projets d’aménagement et d’infrastructure en contexte urbain. Les deux lieux qui ont a priori la même multifonctionnalité sont vécus de manière assez différente par les habitants. Nous sommes peut-être ici dans une compréhension distincte de « la nature en ville » : là où le Parc Griffon est posé comme « Nature-Parc », dans une zone dédiée et séparée des zones très bâties, le Square Marguerite de Provence, de taille plus modeste, est inséré dans un quartier, reflétant la nature « diffuse » en ville. Un constat a été fait : le risque d’inondation ne semble pour l’instant pas être perçu de manière importante par les habitants. D’une manière générale, ce résultat souligne l’importance de connaître les perceptions et représentations des habitants par rapport à la situation de risque objectivée et prise en charge par les aménageurs et les gestionnaires. Ces perceptions et représentaitons peuvent amener certains résidents à considérer qu’il n’y a pas à s’en protéger en particulier. Nous avons proposé une approche originale, basée sur une approche issue de l’Intelligence Artificielle, l’argumentation abstraite, pour formaliser et analyser les controverses autour de projets d’infrastructure. Nous avons ainsi montré, sur la base du cas de la requalification de l’avenue de Marseille située à Vitrolles, qu’il est possible, par cette approche, d’acquérir des connaissances supplémentaires sur les débats liés à un projet d’infrastructure et ainsi de mieux comprendre les enjeux liés à l’acceptabilité des infrastructures. Cette approche a permis de mettre en lumière tout à la fois le jeu des arguments des différentes parties prenantes, et l’évolution des arguments tout au long de la vie du projet. Cela induit la nécessité de placer la notion d’acceptabilité dans un cadre d’analyse dynamique et multidimensionnelle. Pour les trois territoires étudiés (Métropole Aix Marseille Provence où se situe la Commune de Vitrolles, Eurométropole de Strasbourg, Métropole du grand Lyon), nous avons identifié les caractéristiques pertinentes pour notre projet. Ceci nous a permis de mieux comprendre les territoires, leur organisation en termes de GEMAPI et de GEPU. Nous avons aussi mis en évidence que chaque métropole a son identité propre et a mis en œuvre des actions phares. La communication est abordée selon quatre strates : une communication interne très forte avec la volonté de changer d’abord en interne (éviter le fonctionnement en silos) ; une forte communication des collectivités avec les aménageurs avec une visée de sensibilisation et d’éducation ; une communication vers le grand public au cours de réunions institutionnelles dans un souci de pédagogie, incitation et participation ; un rôle plus indirect de la recherche qui selon les disciplines va interroger et ainsi informer les usagers mais diffusera dans un cercle réduit. Les trois collectivités ont affiché une ambition de développer encore la communication autour de ces infrastructures innovantes et leurs enjeux auprès des habitants.

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