Projet CAAIRN | FEREC 2019
19 d’une certaine vision de la ville, largement évoqué par les acteurs opérationnels rencontrés durant les entretiens. Ce statut de Vitrolles en tant que Ville Nouvelle est lié à la dynamique d’aménagement autour de l’Etang de Berre : développement portuaire-industriel autour de l’Etang et notamment de Fos-sur-Mer. De grand village agricole dans les années 1950 avec ses quelques 2500 habitants, Vitrolles est passée à la taille d’une ville moyenne : entre 1968 et 1990 la ville est passée de 5000 à 35000 habitants. Des habitants en gardent le souvenir : Extrait entretien GriSam12 : « Oui elle s'est agrandie, enfin elle a grandi beaucoup. Quand on est arrivé en 75, bon j'étais petit donc je ne peux pas dire que j'ai vu la grande différence, mais je sais qu'il y avait beaucoup de constructions, qu'on est passé de 5 000 habitants en 68, à 40 000 et quelques maintenant, donc ben il y a une densité de population plus élevée, la ville s'étend ». Cette mise en place de la Ville Nouvelle et la transformation de Vitrolles en un espace urbain en expansion, ne s’est cependant pas faite sans tensions entre l’Etat et les collectivités locales concernées (Hérat 2005 ; Borruey 2006). Un épisode évoqué également par un autre habitant : Extrait entretien Grisam15: « Ils ont commencé à exproprier les gens (…) Eh ben ils ont commencé à exproprier les gens, et puis ils ont fait les villes nouvelles, voilà, c'est une ville nouvelle, moi je me souviens, il y a eu une manifestation, les gens, parce qu'il fallait se constituer, ils vont prendre les terres pour rien, parce qu'il y a les fermes, comme il y avait beaucoup d'agriculteurs, et puis voilà, c'est le côté des Pennes, ils ont pas beaucoup touché, pratiquement pas. C'était sur Vitrolles, ville nouvelle, ils appellent ça une ville nouvelle. Il y en avait trois ou quatre en France, je crois. Ça a été… bon… » C’est dans le cadre de la réalisation de la ville nouvelle que le Parc du Griffon est réalisé en 1977 : d’une superficie de 25 ha il est dès le départ pensé comme une infrastructure multifonctionnelle, à la fois comme un espace offrant une diversité d’équipements de loisirs (aire de jeux, tennis, centre aéré, lieux de promenade et de pique-nique) et comme ayant une fonction de régulation de l’eau. En effet, comme évoqué par une gestionnaire interviewée, lors de la réalisation de la Ville Nouvelle, le problème de la gestion de l’eau s’est posé. Traversée par la Cadière et ses affluents (dont le Bondon), Vitrolles est en effet une ville sujette aux inondations : elle a connu 10 arrêtés de catastrophes naturelles liés à des inondations, coulées de boue, mouvements de terrain et tempête entre 1982 et 2019 (source : CATNAT ; Di Maiolo et al ., 2018). Les quartiers résidentiels de la Frescoule et de la Ferme de Croze (quartiers réalisés dans le cadre de la Ville Nouvelle) ainsi que les deux zones d’activités de l’Anjoly et surtout des Estroublans, sont les secteurs les plus touchés par cette problématique. Les communes limitrophes en aval (Vitrolles étant la ville la plus en amont du bassin versant de la Cadière) sont également concernées : Saint-Victoret et Marignane (Di Maiolo et al., 2018 ; entretien ancienne ingénieure du service des Eaux pluviales de Vitrolles). Dans le cadre de l’aménagement du Parc du Griffon (Figure 7) , la réalisation de plusieurs bassins de retenue à plan d’eau non permanents ou « bassins secs » était prévue. Ces bassins se remplissent uniquement durant des événements pluvieux importants, ils sont conçus comme des espaces publics utilisables la quasi-totalité de l’année (Olivry & Hubert, sans date).
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