AméDEE Fondations Approche Méthodologique pour la Détermination de l'Empreinte Eau sur les chantiers de Fondations
A ME DEE – R APPORT F INAL 48 REF SB_ERD_IBR_rapport25.010 Dans une optique d’amélioration de l’outil et de la méthode, une autre perspective d’évolution est le format de l’outil. Comme présenté , la forme actuelle de l’outil est un tableur Excel avec une saisie entièrement manuelle. L’outil pourrait évoluer vers un formulaire à saisie guidée et semi-automatique mis en lien avec la base de données créée en collaboration avec l’ENPC, afin d ’en faciliter la diffusion, récupérer en temps réel des données issus de différents chantiers et permettre de réaliser des calculs de bilan hydrique accessibles aux utilisateurs. D’autre part, une campagne de sensibilisation pourrait être mise en place pour mobiliser les équipes autour de l’empreinte eau afin de mettre en lumière les enjeux liés à la disponibilité de la ressource. Elle aurait pour objectif d’encourager une prise de conscience collective, d’inciter à une utilisation plus responsable de l’eau et de promouvoir la mise en place de leviers d’action concrets pour en limiter les impacts environnementaux. 6.3.2 Lacunes de recherche et perspectives Le projet AméDEE a montré que les approches d’Analyse du Cycle de Vie appliquées à l’empreinte eau permettent d’identifier de manière pertinente les postes les plus impactants sur les chantiers de construction et d’éclairer la prise de décision. Toutefois, l’étude met égal ement en évidence plusieurs lacunes qui limitent aujourd’hui la précision et l’exploitation opérationnelle des résultats, et qui constituent autant de pistes pour de futurs travaux. La première lacune concerne la disponibilité et la représentativité des données. Malgré l’utilisation de bases reconnues comme EcoInvent, de nombreux matériaux spécifiques aux chantiers de fondations ne sont pas encore référencés. Le recours à des matériaux substituts permet de poursuivre l’analyse, mais il introduit une incertitude non négligeable. Cela souligne la nécessité de développer des bases de données plus adaptées aux métiers de la construction, intégrant des matériaux réellement utilisés sur le terrain et mieux représentatifs des contextes locaux. L’étude met également en évidence le rôle central de la localisation géographique dans l’évaluation de la rareté de l’eau. À activités identiques, les résultats peuvent varier fortement selon la zone étudiée. Or, les données disponibles aujourd’hui restent souvent trop agrégées, avec des périmètres géographiques larges qui ne reflètent pas la diversité des situations hydrologiques locales. Une prise en compte plus fine de l’échelle territoriale, notamment à l’échelle des bassins versants, apparaît comme un levier essentiel pour améliorer la pertinence des empreintes eau. Une autre limite importante concerne la dimension temporelle. Les résultats obtenus reposent majoritairement sur des valeurs moyennes annuelles et ne distinguent pas les périodes de forte ou de faible disponibilité en eau. Dans les régions soumises à une forte saisonnalité, cette simplification peut conduire à une estimation erronée des impacts réels. L’intégration de données saisonnières représenterait une avancée majeure pour renforcer le réalisme des évaluations. Par ailleurs, l’absence de valeurs de référence ou de seuils d’interprétation limite la portée des résultats. Sans repères clairs, il reste difficile d’évaluer si l’empreinte calculée correspond à une situation acceptable ou à un niveau de pression critique sur la ressource. La définition d ’un référentiel adapté au secteur de la construction permettrait de mieux situer les performances des projets et de faciliter la comparaison entre chantiers. Enfin, cette étude met en lumière les limites liées à la prise en compte des chaînes d’approvisionnement mondialisées. Les matériaux utilisés sur les chantiers sont souvent produits loin du site de construction, dans des régions aux contraintes hydriques très
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