AméDEE Fondations Approche Méthodologique pour la Détermination de l'Empreinte Eau sur les chantiers de Fondations
A ME DEE – R APPORT F INAL 19 REF SB_ERD_IBR_rapport25.010 Footprint (EF 3.1), et sert de point de référence pour comparer d’autres indicateurs comme le Water Stress Index utilisé dans ReCiPe 2016. 3.1.2 Limites de la méthode AWARE Bien que la méthode AWARE soit aujourd’hui largement reconnue pour évaluer la rareté de l’eau en analyse du cycle de vie, plusieurs limites doivent être prises en compte lors de l’interprétation des résultats (Boulay et al., 2018). Tout d’abord, AWARE se limite à la rareté quantitative de l’eau. Elle ne prend pas en compte la qualité de l’eau, les effets toxiques, les impacts sur les écosystèmes ou les conséquences sur la santé humaine. Elle ne peut donc pas être considérée comme une empreinte eau complète au sens de la norme ISO 14046. La méthode repose sur des modèles hydrologiques globaux, notamment WaterGAP, qui introduisent des incertitudes liées aux hypothèses climatiques, à l’estimation des besoins des écosystèmes et à une résolution spatiale fixe sur l’ensemble du globe . Les facteurs de caractérisation peuvent ainsi s’éloigner des conditions locales, en particulier dans les petits bassins versants ou les zones à gestion de l’eau complexe. Dans les zones où la disponibilité de l’eau est forte , AWARE ne permet pas de distinguer des usages très différents, par exemple entre deux chantiers consommant des volumes d’eau très contrastés au même endroit. La méthode ne discrimine pas non plus les prélèvements non- consommateurs , comme le rabattement de nappe avec rejet de l’eau dans le même bassin, un point pourtant crucial pour les chantiers de fondations profondes. La variabilité temporelle est également peu prise en compte en pratique, car il est bien souvent i mpossible d’identifier dans la chaîne de production à quel instant à eu lieu la consommation d’eau. Bien que des facteurs mensuels existent, les applications reposent le plus souvent sur des moyennes annuelles, ce qui masque les épisodes de stress hydrique saisonnier. Enfin, AWARE s’appuie sur des données hydrologiques historiques et n’intègre pas explicitement les effets futurs du changement climatique. Ces limites ne remettent pas en cause l’intérêt de la méthode AWARE, mais montrent qu’elle doit être utilisée avec prudence et, lorsque les enjeux sont locaux, complétée par des analyses hydrologiques plus fines (Boulay et al., 2018). 3.1.3 Vers une Empreinte Eau multicritère A l’issue des analyses présentées précédemment, il est donc clair que pour aboutir à un outil opérationnel pour la détermination de l’empreinte eau sur les chantiers de fondations, la méthode AWARE n’est pas suffisante. Afin de répondre aux objectifs du projet AméDEE , nous avons élargi la recherche et cherché à bâtir et mettre en place plusieurs indicateurs. Le premier indicateur est le bilan hydrique du chantier en m 3 , c’est l’utilisation nette d’eau douce nécessaire pour mener à bien le chantier. Cela permet de rendre compte de la consommation d’eau directe et indirecte des chantiers. Le deuxième indicateur est l’empreinte eau AWARE en m 3 eq-monde qui permet de rendre compte de l’impact des usages de l’eau sur la disponibilité de la ressource en eau pour les humains et les écosystèmes, qui peut dépendre de la zone géographique et de la
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