VALOSOL - Construction de sols fertiles fonctionnels
21 Figure 12 : Flux cumulés de C-CO 2 (kg m -2 ) dans le sol de reference (terre végétale) et différents Technosols construits à partir d’horizons profonds, contenant 0, 10 ou 20 % de sablon (S0, S1 ou S2, respectivement) et 0, 10 ou 20 % de compost (C0, C1, ou C2, respectivement). Les barres d’erreur représentent l’écart -type de 4 répétitions (n=4). L’enveloppe grise correspond à la variabilité (écart-type) autour de la moyenne du sol de référence. Des lettres différentes indiquent des différences significatives (P < 0,005) du niveau de sablon au sein de chaque niveau de compost, selon le test post hoc LSD. Les résultats de minéralisation cumulée confirment que la dynamique du carbone (C) dans les Technosols est fortement contrôlée par la qualité du carbone organique (CO 2 ) et par la structure physique du substrat (Figure 12). L’augmentation significative du C- CO ₂ dans les Technosols enrichis en compost indique que la fraction organique facilement biodégradable stimule durablement l’activité microbienne. Le compost agit ainsi comme moteur principal des flux de minéralisation. L’effet du sablon traduit un rôle aérateur et structurant : en augmentant la macroporosité et en améliorant la diffusion de l’oxygène, il favorise la décomposition microbienne, ce qui explique les valeurs plus élevées observées dans les mélanges combinant sablon et compost. Cette interaction montre que la minéralisation ne dépend pas uniquement de l’apport organique, mais également de la capacité du sol à maintenir une porosité fonctionnelle. À l’inverse, les Technosols sans compost présentent une respiration cumulative faible, reflétant la pauvreté en carbone assimilable des horizons profonds. Le contraste avec les sols naturels, pourtant plus stable physiquement mais plus riches en matière organique, souligne que la disponibilité du carbone est déterminante dans les matériaux construits. Après 18 mois, les tendances indiquent donc : 1) un effet marqué du compost (stimulation de la respiration microbienne), 2) un effet modérateur du sablon (amélioration de l’aération et de l’accessibilité du Carbone) et 3) une interaction entre l’apport du compost et le sablon jouant sur la porosité du sol. Ces résultats suggèrent que l’évolution des Technosols, en termes de fonctionnement microbien et de stabilité organique, dépendra étroitement de l’équilibre entre apports organiques et optimisation des propriétés physiques.
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