STAAF - Stratégies d’adaptation pour les infrastructures construites sur le permafrost dans les Alpes françaises | FEREC 2019

6 5 Principaux résultats obtenus Le projet STAAF a permis d’obtenir des résultats importants pour chacun des trois axes préalablement cités. Les résultats seront ici présentés de manière synthétique. Les publications scientifiques en cours ou rapports techniques cités permettent d’accéder à plus de détails sur la méthodologie et l’interprétation de ces résultats. 5.1 Poursuite de l’augmentation des dommages géotechniques Les données géotechniques récentes collectées ont permis de compléter la base de données existante. L’augmentation du coût des désordres géotechniques est nette depuis les années 2010. Les interventions sont plus lourdes afin d’adapter ou consolider les infrastructures voire, dans certain cas, de les déplacer et de les reconstruire. De plus, la majorité de ces dommages concerne des éléments d’infrastructures construits sur des terrains riches en glace. Ces dommages auraient ainsi pu être évités avec des diagnostics géotechniques adaptés au permafrost. Par exemple, la gare aval du funiculaire du Dôme express (2 Alpes) a nécessité une reprise des fondations et une stabilisation avec environ 60 micropieux durant l’été 2019. Cette gare avait été construite en partie sur une moraine à cœur de glace, expliquant son affaissement progressif. Ces travaux coûteux (250 K€) auraient sans doute pu être évités par une meilleure caractérisation du permafrost. Figure 2 : Évolution des dommages et travaux de maintenance d’éléments d’infrastructure en contexte de permafrost dans les Alpes françaises. 5.2 Des stratégies majoritairement réactives Parmi les 148 éléments d'infrastructure les plus à risque (risque « élevé » à « très élevé »), 27 éléments d'infrastructure (représentant 19 infrastructures) ont déjà été concernés par des stratégies d'adaptation ou d'atténuation. La plupart des stratégies sont réactives avec une adaptation des fondations ou un renforcement du terrain porteur par des travaux souvent très coûteux (Figure 3). À l'inverse, peu de stratégies proactives ont été mises en œuvre pour réduire les transferts de chaleur dans le sol ou pour surveiller l'état thermique du permafrost et les mouvements associés afin d'anticiper des instabilités dans les terrains supports. En d’autres termes, les stratégies sont mises en place pour gérer les conséquences de déstabilisation sur le court terme et non pour anticiper l’évolution des terrains selon une vision

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