Inf’Eau Route : évaluation des capacités épuratoires des eaux par les chaussées réservoirs et caractérisation de leur potentiel de réutilisation
23 Essais statiques en fûts Influence du type de matériau de structure réservoir sur l’évolution des teneurs en métaux dissouts La Figure 10 représente l’évolution des teneurs en métaux dissouts mesurés à la suite de prélèvements directement dans la solution d’eau artificiellement contaminée introduite dans les différents reproduisant la structure réservoir et au fil du temps (après 1h, 24, 48h, 72h, 144h et 240h soit 10 jours de stockage). Cette eau est de composition similaire à celle utilisée lors des essais de percolation en colonne, visant à simuler une eau pluviale contaminée après ruissellement routier ou susceptible de s’infiltrer à travers une chaussée perméable. On observe globalement une forte diminution des concentrations en métaux dès la première heure de stockage dans les fûts contenant des matériaux de structure réservoir uniquement, indiquant un impact des différents matériaux sur l’adsorption et/ou la précipitation des ions métalliques en solution. La modalité « contrôle » ne contenant aucun matériau de structure réservoir témoigne ainsi de concentrations en éléments métalliques stables sur les dix jours de la durée de l’expérimentation. Les fortes diminutions des teneurs en métaux dans la solution artificielle d’eau pluviale introduite dans les fûts s’échelonnent, en termes de taux d’abattement, de l’ordre de : - Cd : 85% (béton de démolition) à 98% (calcaire) - Cu : 70% (béton de démolition) à 97% (calcaire) - Ni : 84% (béton de démolition) à 96% (calcaire) - Zn : 82% (béton de démolition) à 97% (calcaire). Dans l’ensemble, le matériau calcaire avec un d/D de 10 – 20 mm témoigne d’une efficacité d’abattement en métaux sensiblement plus marquée que les alluvions et le béton de démolition en conditions expérimentales statiques (Figure 10). On observe également ce qui semble s’apparenter à un début de remobilisation partielle du nickel et du zinc en solution au bout de 6 jours de stockage (144h) dans la modalité calcaire, une hypothèse pouvant être une acidification sensible du milieu du fait d’une activité et croissance microbienne « résiduelle » naturelle (l’eau introduite contenant du glucose comme source de carbone organique soluble, de manière analogue à la charge en carbone organique pouvant être mesurée dans les eaux de ruissellement [5]). L’analyse de la biomasse et de la diversité microbienne dans ces fûts pourrait apporter des éléments de compréhension supplémentaire par rapport à l’impact des différents matériaux sur cette composante biologique et les processus biogéochimiques qui pourraient être associés.
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