Adaptation des Déclarations Environnementales aux Matériaux Routiers

Eiffage, RECto, VERSo | 36 CONC L U S I ON S E T P E R S P E C T I VE S Ce projet prend comme point de départ la comparaison environnementale de deux alternatives pour un procédé de retraitement en place d’une chaussée en fin de vie. Cette comparaison repose sur un cadre méthodologique et normatif développé pour les produits de construction, tenant compte des enjeux de ce secteur. Nous avons pu constater que les choix méthodologiques portés par la norme EN 15804+A2 ne permettent pas de rendre compte des caractéristiques des matériaux routiers, et ne rendent pas compte de leur impact réel sur l’environnement. Cet état de fait s’appuie ici sur le cas particulier des matériaux biosourcés, mais doit être envisagé comme vrai pour l’ensemble des matériaux du secteur. Ce cadre normatif n’apparait donc pas comme celui devant être retenu pour ce secteur. Néanmoins il reste le plus diffusé et opérationnel en France pour des approches d’écoconception. Nous avons donc cherché à envisager des adaptations de ce cadre méthodologique qui pourraient être implémentées dans le cadre spécifique des métiers de la route. On constate que la conformité stricte à l’EN 15804 +A2, c’est-à-dire l’ACV telle qu’elle apparait dans les FDES, est défavorable au matériaux routiers biosourcées. Par contre, toutes les approches qui s’en écartent un peu, tout en restant basées sur le postulat de la neutralité du carbone biogénique sur le cycle de vie, résultent en une atténuation des impacts des matériaux routiers biosourcés et les montrent plus favorables vis-à-vis de leurs alternatives conventionnelles. Cela étant, rester sur ce postulat ne rend pas compte de façon robuste de la réalité physique des matériaux routier qui permettent un stockage permanent du carbone dans la masse. Elles constituent des approches scientifiquement discutables, qui bien que potentiellement rapidement opérationnelles restent contestables. En revanche, les méthodes d’évaluation des impacts s’affranchissant de la neutralité du carbone biogénique systématique, explorées dans le cadre de ce projet, bien que moins simplement transposables dans un environnement industriel et systématisables, ont montré le bénéfice des matériaux biosourcés routiers. En outre, une adaptation des règles de l’ACV aux particularités du secteur de la route permet de mieux caractériser ce type de matériaux. Enfin, cette étude a, plus largement, mis en avant la nécessité de définir un cadre commun aux ACV portant sur le secteur routier, afin d’établir de façon explicite les unités fonctionnelles à considérer (et plus spécifiquement les durées de vie ou durées d’analyse à considérer selon le type de matériau étudié et le périmètre physique à inclure dans l’étude), ainsi que les scénarios d’entretien et de fin de vie à retenir et leurs modalités de modélisation, qui apparaissent ici comme ayant une influence notable sur des approches comparatives, tant dans le classement des variantes que dans l’importance des écarts pouvant être identifiés sur les impacts. Nous préconisons donc de revenir aux normes chapeaux de l’ACV (ISO 14040-44) pour établir des règles de catégories de produit spécifiques au matériaux routiers indépendantes de l’EN 15804, en concertation avec l’ensemble de la profession. Ainsi SEVE®, qui nécessite aujourd’hui, pour poursuivre sa diffusion et le développement de son utilisation, une fiabilisation des données le portant, mais aussi une systématisation et homogénéisation de son usage, pourrait constituer un cadre privilégié pour pousser au développement d’une méthodologie d’ACV adaptée aux matériaux routiers.

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