Adaptation des Déclarations Environnementales aux Matériaux Routiers
Eiffage, RECto, VERSo | 21 Dans la réalité, les caractéristiques physiques ainsi que le mode de traitement en fin de vie du Recytal®, et des matériaux routiers en général, impliquent que le carbone biogénique stocké n’est pas relâché sur des échelles de temps longues. Le cadre méthodologique de la norme EN 15804+A2, et ses règles de modélisation de la fin de vie, ne permet ainsi pas de rendre compte, dans le cadre d’une DEP, des réalités physiques du comportement des matériaux routiers, et plus spécifiquement de ceux incorporant des matières premières d’origine biogénique. Notre comparaison démontre ainsi que ces matériaux apparaissent désavantagés quant à leur contribution au réchauffement climatique, l’approche méthodologique ne permettant pas de rendre compte de la permanence du stockage de carbone dans le matériau. La norme EN 15804+A2 ne semble ainsi pas adaptée à ce cadre d'application spécifique, notamment dans le cadre de l’évaluation de la fin de vie des matériaux routiers. Le cas du carbone biogénique est ici emblématique de l’inadéquation de la norme à la gestion en fin de vie de ces matériaux, et à leurs modes de dégradation. ANA L Y S E S D E S EN S I B I L I T É E T T RAVA I L MÉ T HODO LOG I QUE Afin d’explorer les possibilités d’adaptation de la méthodologie d’évaluation des impacts environnementaux de la norme EN 15804+A2 aux matériaux routiers et à leurs spécificités, nous avons cherché à modifier le mode de prise en compte du carbone biogénique sur le cycle de vie du produit. Les analyses présentées ici visent à étudier la sensibilité des résultats à différentes méthodes d’évaluation de l’impact sur le changement climatique. Nous avons classé les différentes méthodes en fonction de leur compatibilité avec un des deux postulats suivants : 1. Tout le carbone biogénique contenu dans le produit est considéré réémis dans la nature, cela indépendamment de la période de référence de l’étude et du scénario de fin de vie, et donc de la réémission factuelle du CO 2 dans l’atmosphère. 2. Les émissions de carbone biogénique considérées dans le système sont cohérentes avec la réalité physique c’est-à-dire avec la réémission factuelle du CO 2 dans l’atmosphère, compte tenu notamment de la période de référence de l’étude et du scénario de fin de vie. P OSTULAT 1 : T OUT LE CARBONE BIOGÉNIQUE CONTENU DANS LE PRODUIT EST CONSIDÉRÉ RÉÉMIS À LA NATURE Le relargage du CO 2 biogénique en fin de vie doit ici être considéré, quelle que soit la présence factuelle de ce flux dans la réalité. Ce principe correspond à la phrase de la norme EN 15804 : « Tout carbone biogénique résiduel est traité comme une émission de CO2 biogénique de la technosphère dans la nature. » [EN15804, 6.3.5.5 Étape de fin de vie, §C4] » 01 ACV dynamique telle que pratiquée dans la RE2020 Tout d’abord, nous souhaitons comparer les résultats d’impacts des deux variantes une fois passées par la « calculette » RE2020. En effet, comme expliqué plus haut, dans la méthodologie d’évaluation préconisée par la RE2020, l’impact sur le changement climatique des produits de construction n’est pas repris dans les FDES tel quel mais une analyse dynamique doit être menée sur les impacts obtenus pour les différents modules (fabrication, construction, usage, fin de vie et module D).
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